Mercredi 13 Octobre
 

Prie pour commencer

Avant de lire le texte biblique, rends-toi disponible pour faire de ce temps un moment à part. Tu peux prier ou simplement « faire une pause » en silence avant de passer à l’étape suivante.

Job 3.1-26

1Après cela, Job parla enfin, et il maudit le jour de sa naissance. 2Il s'exprima en disant: 3«Qu'ils disparaissent, le jour où je suis né et la nuit qui a dit: 'Un garçon vigoureux a été conçu!' 4Que ce jour se change en ténèbres, que de là-haut Dieu ne s'en occupe pas et que la lumière du jour ne l'éclaire plus! 5Que les ténèbres et l'ombre de la mort le revendiquent, que des nuages épais s'installent au-dessus de lui et que de sombres phénomènes l'assaillent! 6Que l'obscurité s'empare de cette nuit-là! Qu'elle n'ait pas sa place parmi les jours de l'année, qu'elle n'entre pas dans le décompte des mois! 7Oui, que cette nuit soit stérile, que la joie en soit exclue! 8Qu'elle soit la cible de ceux qui maudissent les jours, de ceux qui savent exciter le léviathan! 9Que les étoiles de son crépuscule s'obscurcissent, qu'elle attende sans succès la lumière et ne voie pas les lueurs de l'aurore! 10En effet, elle n'a pas fermé les portes du ventre qui m'a porté, pour m'empêcher de connaître le malheur.

11»Pourquoi ne suis-je pas mort dans le ventre maternel? Pourquoi n'ai-je pas expiré au sortir du ventre de ma mère? 12Pourquoi ai-je trouvé des genoux pour m'accueillir et des seins pour m'allaiter? 13En effet, maintenant je serais couché, tranquille, je dormirais en ce moment, en plein repos, 14avec les rois et les conseillers de la terre qui se sont construit des monuments aujourd'hui en ruine, 15ou avec les princes qui possédaient de l'or et qui accumulaient de l'argent dans leurs maisons. 16Ou bien, comme l'enfant mort-né qui est resté caché, je n'existerais pas, pareil aux tout-petits qui n'ont pas vu la lumière. 17Là, les méchants cessent de s'agiter, là se reposent ceux qui sont fatigués, sans force. 18Les prisonniers s'y retrouvent tous en paix, ils n'entendent plus la voix de l'oppresseur. 19Là, petits et grands sont réunis, l'esclave n'est plus soumis à son maître.

20»Pourquoi Dieu donne-t-il la lumière à celui qui souffre, la vie à ceux qui connaissent l'amertume, 21qui attendent sans succès la mort et la recherchent plus qu'un trésor, 22qui se réjouiraient, tout heureux et ravis, s'ils trouvaient le tombeau, 23à l'homme incapable de savoir où aller et que Dieu cerne de tous les côtés?

24»En effet, la seule nourriture qui se présente à moi, ce sont mes soupirs, et mes cris de détresse déferlent comme l'eau. 25Ce dont j'ai peur, c'est ce qui m'arrive; ce que je redoute, c'est ce qui m'atteint. 26Je n'ai ni tranquillité, ni paix, ni repos; c'est la tourmente qui survient.»

Voir les questions

Avant de lire le commentaire ci-dessous, prends un moment pour penser au texte :
  • Que se passe-t-il dans ce texte ou de quoi parle-t-il ?
  • Quelle est la signification du texte :
    • pour le monde de l’époque ?
    • pour le monde d’aujourd’hui ?
  • Quelles sont les implications du texte pour moi, pour les relations avec mes proches, avec les autres et avec Dieu ?
  • Y a-t-il une promesse, un avertissement, un encouragement ?

Job brise le silence

Au bout de sept jours1, le silence est brisé par le cri de Job qui proteste contre son malheur.

Dialogue intérieur

Job est en pleine tempête intérieure. Jusque-là, il était un homme juste, fidèle au Seigneur, et donc... tout allait bien pour lui ! Se posent alors d’obsédantes questions (11, 12, 20, 23) qu’il va adresser à Dieu, directement et sans relâche. Et Dieu, à la fin, déclarera que seul Job aura bien parlé de lui (42.7). Nous veillerons donc à observer les interventions de Job dans cette perspective.

Surenchère autodestructrice ?

Le contraste est saisissant entre l’homme religieux et scrupuleux du prologue et l’homme déchiré qui se révèle ici, à tel point qu’on peut se demander s’il s’agit bien du même héros ! Job avait refusé de « maudire » Dieu (2.10), maintenant il maudit expressément le jour de sa naissance (1, 8). De fait, il attaque indirectement Dieu, et c’est bien ainsi que ses amis vont le comprendre ! Ainsi, sa maladie semble engloutir le passé, vider de sens l’existence vécue jusqu’alors, et celle qui continue de se dérouler autour de lui.
Inversement, la mort est connotée positivement ; Job y aspire comme à un lieu de repos (13) et de vraie et totale égalité sociale (14, 15, 19). De manière subversive, elle apparaît dans son discours comme préférable à une existence où Dieu permettrait le mal et la souffrance (21-22). Loin d’être cet homme religieux si soucieux de rester dans l’acceptation du malheur par soumission au Dieu souverain (1.21), Job est tellement éprouvé qu’il ne lui reste plus que le désir d’échapper aux tourments de la vie.
Lorsque la douleur devient extrême, la liberté et la capacité relationnelle de l’humain sont touchées jusqu’à être réduites à néant. Ne reste que le cri ici incarné par Job. Et c’est ce cri que Dieu approuvera : oui, on a pleinement le droit de clamer son incompréhension, son besoin de se révolter face au malheur, voire son désir de mourir. Cette « vérité » du cœur meurtri, débordé de toutes parts (23), serait-elle un premier pas vers une autre forme, plus authentique, de relation à Dieu ?
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Notes:
  • 1 Selon la loi de Moïse, sept jours d’isolement sont prévus en cas de maladie de la peau (Lv 13.4).

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En pratique

  • Recentre-toi sur Dieu.
  • Transforme en prière ce que tu viens d'apprendre : pardon, louange, reconnaissance, demandes, intercession.
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Prier avec : Psaume 77

1Au chef de choeur, d'après Jeduthun. Psaume d'Asaph.

2Ma voix s'élève vers Dieu, et je crie; ma voix s'élève vers Dieu, et il m'écoutera. 3Quand je suis dans la détresse, je cherche le Seigneur; la nuit, mes mains se tendent vers lui, sans se lasser; je refuse toute consolation. 4Je me souviens de Dieu et je gémis; je médite, et mon esprit est abattu. - Pause.

5Tu tiens mes paupières ouvertes; je suis troublé, incapable de parler. 6Je pense aux jours lointains, aux années passées. 7Je me souviens de mes chants pendant la nuit, je médite dans mon coeur, et mon esprit s'interroge: 8«Le Seigneur me rejettera-t-il pour toujours? Ne se montrera-t-il plus favorable? 9Sa bonté est-elle définitivement épuisée? Sa parole a-t-elle disparu pour l'éternité? 10Dieu a-t-il oublié de faire grâce? A-t-il, dans sa colère, retiré sa compassion?» - Pause.

11Je me dis: «Ce qui fait ma souffrance, c'est que la main droite du Très-Haut n'est plus la même.» 12Je me rappelle la manière d'agir de l'Eternel. Oui, je veux me souvenir de tes miracles passés. 13Je réfléchis à toute ton activité, je veux méditer tes hauts faits. 14O Dieu, tes voies sont saintes. Quel dieu est grand comme Dieu? 15Tu es le Dieu qui fait des miracles. Tu as fait connaître ta puissance parmi les peuples; 16par ton bras tu as racheté ton peuple, les descendants de Jacob et de Joseph. - Pause.

17L'eau t'a vu, ô Dieu, l'eau t'a vu: elle a tremblé, les abîmes ont été ébranlés. 18Les nuages ont déversé des torrents d'eau, le tonnerre a retenti dans le ciel, et tes flèches ont volé de tous côtés. 19Ton tonnerre a éclaté dans le tourbillon, les éclairs ont illuminé le monde; la terre a été ébranlée, elle a tremblé. 20Tu as fait ton chemin dans la mer, ton sentier au fond de l'eau, et personne n'a reconnu tes traces. 21Tu as conduit ton peuple comme un troupeau par l'intermédiaire de Moïse et d'Aaron.

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